Bien au-delà des campus américains où elle sévit depuis longtemps, la cancel culture constitue désormais un véritable phénomène de société. Désireux qu’elle épargne la sphère animaliste, les signataires de cette tribune plaident pour une culture propice à la libre expression et la discussion argumentée des idées.
Lors d’une entrevue diffusée sur la chaîne YouTube Thinkerview, Michel Onfray rappelait que les plantes “souffrent, elles aussi”. Avec patience, rigueur et pédagogie, Malou Amselek Jaquet explique pourquoi le fameux cri de la carotte, quoi qu’en pense le philosophe, ne peut servir d’objection au projet de la libération animale.
Alors que l’écologie et l’antispécisme sont souvent présentés comme des alliés sur un plan politique, Thomas Lepeltier avance que, au-delà de quelques alliances ponctuelles, la première, par son souci de préservation de la nature, peut nuire au développement du second.
Les définitions du spécisme en philosophie insistent sur une dimension individuelle du spécisme. Or, nous dit Sarah Zanaz, le spécisme est un système culturel, institutionnel et économique, qui transcende la seule responsabilité individuelle.
Dans ce court texte, David Faucheux propose de voir le spécisme comme une obligation sociale. Selon cette perspective, le spécisme se manifeste (aussi) à travers des sanctions à l’encontre de celles et ceux qui ne s’accommodent pas de ses injonctions morales. La lutte contre le spécisme apparaît donc aussi libératrice pour les humains.
L’espèce est morte ? Vive le flux spécien, enjeux épistémologiques et éthiques de la notion d’espèce
Dans ce texte, Richard Monvoisin et Timothée Gallen questionnent la portée épistémologique et morale du concept d’espèce. Leur constat : il s’agit d’une catégorie pratique mais arbitraire, porteuse de scories intellectuelles et éthiques. Faut-il alors s’en débarrasser ?
À l’invitation de l’association Pour l’égalité animale (PEA), Valéry Giroux examinait cinq objections au véganisme formulées non pas par des humanistes ou des spécistes, mais par des animalistes eux-mêmes véganes. Elle revient ici sur l’une d’elles, en l’occurrence celle de l’inefficacité de nos choix alimentaires individuels pour épargner des animaux.
Plébiscitée tant par les consommateurs que par les publicitaires, l’alimentation naturelle (si elle existe) est souvent opposée aux spécialités végétales issues de l’industrie agroalimentaire et à certaines techniques culturales. Pourtant, le critère de naturalité n’étant pas pertinent en soi, une alimentation non naturelle peut s’avérer meilleure pour la santé, l’environnement et les animaux.
Alors que partout dans le monde des revendications fleurissent pour qu’on interdise les marchés aux animaux vivants, des associations animalistes hésitent à s’y associer, ayant peur que ce soit vu comme impérialiste ou raciste de leur part. La militante et théoricienne italienne Paola Cavalieri s’insurge contre une telle timidité et ne mâche pas ses mots.
À l’heure où plusieurs personnes cherchent des moyens de contrer la crise que nous traversons ou d’atténuer ses effets, d’autres s’attachent à réfléchir aux manières de prévenir les prochaines épidémies. La perte de la biodiversité et la consommation de viande sont pointées du doigt. Les animalistes ont-il raison de saisir l’occasion pour promouvoir le véganisme ?

