L’Amorce, un projet collectif

Comme tout le monde, nous avons profité de l’exploitation des animaux. Nous en sommes les bénéficiaires, nous y avons trouvé notre intérêt. Mais ce n’est pas une raison pour l’encourager. Nous avons même décidé de la combattre. Parce que c’est injuste, parce que c’est violent. Parce que ça fait couler le sang, et que les victimes sont innombrables.

Nous sommes des militantes véganes et antispécistes, de France et du Canada : Martin Gibert et Axelle Playoust-Braure, co-rédactrices en chef, accompagnées de Yves Bonnardel, Élise Desaulniers, Valéry Giroux et Thomas Lepeltier. Avec une équipe de bénévoles, nous avons fomenté L’Amorce, une revue en ligne engagée théoriquement et politiquement contre le spécisme. Parce qu’on est d’accord sur le plus important. Et parce qu’on amorce mieux à plusieurs.

Le spécisme, c’est quoi ?

Le spécisme renvoie à un ensemble d’institutions, de pratiques et de discours qui organisent et entretiennent l’oppression des animaux non humains. C’est aussi l’idéologie qui prétend que l’espèce d’un individu est en soi un critère pertinent de considération morale.

De fait, l’organisation sociale spéciste se traduit par la subordination, l’exploitation et la mise à mort de myriades d’individus non humains. La plupart sont victimes des habitudes alimentaires (pêche, élevage, chasse), d’autres sont l’objet d’expérimentations, d’autres encore servent à divertir les humain-e-s.

Parce qu’ils n’ont pas le privilège de faire partie de l’espèce humaine, celle des « bien-nés », les animaux ne se voient pas accorder de valeur morale. Ils sont considérés comme des marchandises, des propriétés, des biens disponibles et appropriables. Leurs expériences vécues et leurs intérêts sont systématiquement ignorés ou méprisés par l’idéologie spéciste.

Pourquoi l’Amorce ?

Ce que nous croyons, c’est que le spécisme est éthiquement indéfendable. Mais il n’en structure pas moins nos sociétés, nos traditions et nos modes de pensée. Face à cette violence ancrée, naturalisée, L’Amorce entend contribuer à une révolution culturelle majeure, à un changement de paradigme. Il faut saper lévidence et le cadre général qui rend ces violences possibles. Il faut saper le suprématisme humain qui fonde l’humanisme.

L’Amorce entend être un espace de débats, un lieu de réflexions critiques et bienveillantes. Si nous voulons  penser au-delà des évidences, c’est parce que c’est par là, le plus souvent, que les changements adviennent. Nous voulons mêler l’approche de terrain et les expériences de pensée, les bribes stratégiques et les esquisses historiques ou poétiques. Nous allons tenter de le faire comme cela s’impose : avec toute la rigueur, l’honnêteté intellectuelle, la curiosité ou l’imagination nécessaires. Ce n’est pas toujours facile et nous ne sommes pas magiciennes. Mais il ny a pas damorce sans un minimum d’ambition.

Nous avons choisi le féminin par défaut, par souci de simplicité et pour faire nos malines. Pour le reste, on va essayer de s’en tenir aux standards de la pensée critique.

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Rédactrices en chef
Martin Gibert
Axelle Playoust-Braure

Éditrices
Yves Bonnardel
Élise Desaulniers
Valéry Giroux
Thomas Lepeltier

Collaboratrices
Maude Lefebvre
Jolin Masson
Frédéric Mesguich
Jean-François Tanguay


Portraits réalisés par Tarmasz.