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1| Que faites-vous pour les animaux ?
Je suis militante pour les animaux depuis 2014. J’ai commencé avec la Veggie Pride, d’abord comme bénévole, puis comme organisatrice, avant de devenir présidente. Mon engagement m’a permis de rencontrer beaucoup d’autres militant·e·s, de participer à de nombreux événements animalistes et d’entamer des réflexions plus larges sur le féminisme, l’écologie et l’antiracisme, ainsi que sur toutes les luttes progressistes.
Aujourd’hui, je suis membre du conseil d’administration de l’association Futur. Je suis aussi sollicitée pour des conférences et interventions sur les liens entre féminisme et animalisme ou sur mon engagement militant. Je participe aux Estivales de la question animale, ainsi qu’aux Résidences de créations antispécistes. Et je suis membre du comité éditorial de Contre nature, site dédié à la critique de l’idée de Nature.
Mon souhait pour les années à venir est de défendre les animaux à travers mon travail artistique, grâce aux portraits d’animaux que je dessine et peins.
2| Qu’est-ce qui est le plus difficile dans votre activisme ?
Je trouve l’activisme difficile autant quant aux choix de stratégie que sur le plan humain. Les relations humaines peuvent être difficiles non seulement avec les personnes extérieures, mais aussi entre les militant·e·s. Au niveau stratégique, nous sommes les porte-parole d’un message fort et radical, qui doit être clair et direct. Mais moi, j’ai tendance à douter de tout, tout le temps.
En ce moment, je traverse une crise militante, je remets très fortement en question la pertinence et l’efficacité de mes actions. Je me demande si je suis à ma place, si je contribue à faire avancer les choses, si je dois défendre les animaux avant tout, quitte à renoncer aux luttes humaines.
Dans le fond, j’ai envie de calme et de sérénité et c’est dur de trouver ces deux valeurs en luttant contre la violence du monde.
3| Qu’est-ce qui vous semble compliqué avec l’antispécisme ?
Ce qui me fait douter dans l’antispécisme, ce n’est pas le concept en lui-même, que je trouve très juste. Ce qui me fait douter, ce sont les chemins que l’on prend pour faire passer notre message.
J’aimerais que la bienveillance soit au cœur de toutes nos stratégies, mais je doute que ce soit la seule ou la meilleure manière d’y arriver. Rajouter de la violence à ce monde ne me semble pas une bonne idée, surtout pour faire passer un message non-violent – l’antispécisme représentant la non-violence ultime à mes yeux.
J’ai aussi l’impression que tenir compte des émotions des personnes nous permettra de nous approcher avec davantage de justesse du fonctionnement des humain·e·s.
4| Quelle tactique vous paraît la plus prometteuse ?
Dans l’absolu, n’étant pas sûre de ce qui va marcher pour aider les animaux, toutes les tactiques non violentes me semblent prometteuses. Je pense que multiplier les façons d’attaquer le système spéciste multipliera aussi nos chances de le faire tomber et qu’une diversité d’approches et de sensibilités nous permettra de toucher un maximum de personnes. J’aimerais aussi que l’on crée de plus en plus de ponts avec les autres luttes. Que l’on trouve tous les points possibles de convergences et qu’on les exploite, c’est peut-être l’une des clés d’une diffusion plus large des idées antispécistes.
5| Quel(s) contenu(s) auriez-vous envie de recommander ?
J’invite chaudement à découvrir mon travail artistique. Mes tableaux et dessins cherchent à représenter des animaux avec beauté et sensibilité.
Je recommande également les vidéos réalisées par l’association Futur, qui visent à changer notre perception des animaux et qui sont souvent drôles.
Tous les étés se tiennent les Estivales de la question animale, un moment de vie en communauté, fait de rencontres et de réflexions autour de la lutte antispéciste. C’est stimulant et sympa.
Les brochures du réseau antispéciste, qui ont posé les bases de ma pensée antispéciste, sont très recommandables.
J’aime aussi beaucoup l’approche de Typhaine D, autrice féministe et antispéciste, qui a joué plusieurs pièces antispécistes.

