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Le concept de sentience est peu mobilisé en dépit de son intérêt théorique majeur dans la lutte contre le spécisme. Certain·es connaissent le concept mais choisissent volontairement de ne pas l’employer par crainte d’être incompris·es, ou que son emploi soit perçu comme jargonnant. Il participerait à faire passer l’antispécisme pour une sorte de lubie de philosophes qui se font mousser à grand renfort de néologismes.
C’est un argument qui peut s’entendre et qui pourrait s’appliquer au concept de spécisme lui-même, encore mal compris par le grand public et décrié comme une « invention des antispécistes » par nos détracteurs. Je pense toutefois que la pensée antispéciste apporte de nouvelles grilles de lecture sur des réalités ignorées et peu étudiées, et qu’il nous faut de nouveaux mots pour les penser, comme c’est le cas pour tout phénomène qu’on cherche à décrire et analyser. Assumer, donc, que des termes tels que « spécisme », « carnisme » et « sentience » nous sont réellement indispensables dans la lutte ; ils constituent une richesse dont on aurait tort de se priver sous prétexte qu’il y a effectivement un travail à accomplir pour les faire connaître plus largement et pour dépasser l’étonnement et le rejet qu’ils suscitent à première vue.
Beaucoup utilisent d’autres mots, comme « sensibilité », à la place du substantif « sentience » en pensant qu’ils sont synonymes . De ce point de vue, il est inutile d’introduire un nouveau terme, qui plus est d’origine anglophone, pour renvoyer à ce que désignent déjà ces mots courants. Il faut dire que le travail de vulgarisation du champ disciplinaire que sont les études de la sentience est à peine entamé en français. Aucun livre n’est paru sur la question, à ma connaissance, sinon la bande dessinée animaliste Sentience de David Volpi et Tyef, et l’ouvrage Sentience animale (2021) de Michel Tarrier ; le mot lui-même n’a intégré le Larousse qu’en 2020. Les personnes qui luttent activement contre le spécisme ont un rôle à jouer dans l’entreprise de vulgarisation de ce concept afin de le sédimenter dans les discours et les esprits jusqu’à ce qu’il n’étonne plus personne.
J’aimerais donc convaincre les lecteur-ices de l’intérêt de parler de sentience en résumant en dix idées synthétiques ce qu’on peut en dire[1].
1 – La sentience est la capacité à éprouver des choses subjectivement, à avoir des expériences positives ou négatives
La sentience est la capacité à avoir des expériences positives ou négatives, c’est-à-dire à ressentir des plaisirs et des souffrances (notamment la douleur). Elle est ce qui fait de chacun·e d’entre nous un sujet, pouvant éprouver des sensations et/ou des émotions en 1ère personne.
Cette capacité renvoie à un certain aspect de la conscience, son aspect subjectif justement. On parle aussi de l’aspect « phénoménal » de la conscience, pour le distinguer de l’aspect informationnel pour lequel on parle de « conscience d’accès ».
Les fonctions de notre cerveau et ce qu’il détecte de notre corps ou de notre environnement sont dans leur majorité inconscients. C’est le cas du système nerveux végétatif, qui fait battre notre cœur à intervalles réguliers ou régule notre respiration lorsqu’on n’y prête pas attention (heureusement que ces fonctions continuent d’opérer même quand on n’en est pas conscient !). C’est aussi le cas des sensations des vêtements sur notre corps quand on n’y pense pas : ces informations sont captées par notre cerveau mais restent inconscientes. En revanche, si l’on se concentre dessus, on devient conscient·e des vêtements sur notre corps, mais en deux sens différents. D’une part, vous avez accès de façon volontaire et contrôlée aux informations de cette perception – c’est la conscience d’accès. D’autre part, vous avez un ressenti qui est associé à cet état mental, les sensations ou expériences conscientes et subjectives qui sont aussi produites par le fait de porter des vêtements — l’effet particulier que ça vous fait en tant que sujet. C’est cette seconde dimension qu’on appelle conscience phénoménale.
2 – Douleur ≠ nociception
On appelle « nociception » la capacité de notre système nerveux à détecter, traiter et réagir à des stimuli potentiellement ou réellement néfastes pour l’organisme. Cet état peut s’accompagner de la douleur à proprement parler, c’est-à-dire l’état mental subjectif associé (la conscience phénoménale, si l’on reprend la distinction précédente). Au sens courant, quand vous avez mal et que vous vous dites « Aïe ! », vous êtes dans un état de douleur et pas uniquement de nociception.
Mais on peut très bien avoir une nociception sans douleur. Si vous plantez un couteau dans la jambe d’une personne ayant une lésion de la colonne vertébrale, les nocicepteurs seront activés et transmettront l’information par les nerfs jusqu’au point où la lésion bloque le signal, ce qui empêchera le cerveau de recevoir l’information et de produire une sensation de douleur. De façon similaire, pendant une anesthésie générale, les drogues administrées agissent sur le cerveau en empêchant les mécanismes permettant de ressentir la douleur et en provoquant une perte de conscience. Puisque les informations correspondant à des stimuli nocifs, captées par les nocicepteurs, sont néanmoins transmises au cerveau, on peut parler de nociception.
Pour pouvoir éprouver la douleur, il faut donc être sentient. À l’inverse, des êtres non sentients pourraient détecter et réagir à des stimuli par des mécanismes nociceptifs sans que ces réactions fassent l’objet d’une expérience consciente négative. D’où l’intérêt de déterminer précisément quels êtres sont sentients pour savoir qui peut réellement souffrir.
3 – Sentience ≠ sensibilité
Ce qui découle de la distinction entre nociception et douleur, c’est qu’il peut y avoir des formes de sensibilité sans expérience vécue en 1ère personne qui leur soit associée. En soi, la formule « être sensible » est extrêmement polysémique en français. Un panneau photovoltaïque est sensible à la lumière, un smartphone est sensible à nos commandes, les végétaux sont sensibles à leur environnement, une personne est sensible quand elle a de vives émotions. Aucune de ces formes de sensibilité ne renvoie à ce qu’il y a de très spécifique dans la sentience : l’expérience vécue en 1ère personne, le plaisir et la souffrance.
Le concept de sentience nous permet de tracer des distinctions importantes, notamment celle que l’on doit sans cesse rappeler entre la sentience des animaux et la sensibilité des végétaux. C’est principalement pour cela qu’il est précieux et que nous devrions, je pense, le mobiliser davantage et nous garder de lui substituer le terme de sensibilité.
4 – Sentience ≠ intelligence (et autres capacités cognitives)
La sentience n’est pas non plus la même chose que l’intelligence. Des organismes aux capacités cognitives peu complexes, donc peu intelligents, pourraient néanmoins parfaitement posséder une conscience, et plus particulièrement éprouver des expériences de plaisir et de souffrance (la sentience donc).
Plus largement, la sentience est bien distincte de l’ensemble des capacités cognitives comme la mémoire, l’apprentissage, la perception, le langage, le jugement, la prise de décisions. Puisque toutes ces capacités mentales pourraient en théorie fonctionner sans expérience vécue associée, l’étendue des capacités cognitives n’est qu’un indicateur très incertain de la sentience.
Cela étant dit, il nous est très difficile de les envisager isolément car, chez les humains, la sentience est quasi systématiquement accompagnée d’autres fonctions cognitives. Par ailleurs, les mécanismes neurologiques de la « fonction sentience » sont bien sûr connectés de façon complexe à tout un ensemble d’autres mécanismes dans notre cerveau. Mais il demeure important de ne pas amalgamer la sentience avec ces capacités cognitives.
5 – La sentience est difficile à étudier scientifiquement
Contrairement à l’ensemble des capacités cognitives précitées, telles que la mémoire ou l’apprentissage, il est bien plus difficile d’étudier la sentience par la méthode scientifique car elle est un ressenti en 1ère personne, et donc non observable en 3ème personne, comme est pourtant censée procéder la science.
Notre propre douleur nous est directement accessible : il n’y a pas meilleur juge que soi-même pour déterminer que l’on a mal. Mais les choses se compliquent pour des individus qui ne peuvent pas nous signifier ce qu’ils ressentent. Les scientifiques sont donc tenus de s’appuyer sur la présence d’indicateurs objectifs qui semblent systématiquement associés à la présence de la douleur : telles ou telles structures dans le cerveau, tel ou tel appareillage physiologique (nocicepteurs et nerfs pour faire remonter l’information au cerveau), tel ou tel comportement, etc.
Plusieurs listes d’indicateurs ont été proposées et elles continuent d’être raffinées au fil de l’avancée du débat scientifique, qui reste nimbé d’incertitudes. Mais il n’y a pas de consensus absolu sur la liste à retenir pour pouvoir tester la présence de la sentience chez un individu.
Pour résumer : la sentience n’est pas quelque chose qui s’observe directement chez les autres ; elle s’infère à partir d’indicateurs.
6 – Observer des comportements n’est a priori pas suffisant pour en inférer la sentience
On l’a vu, les indicateurs de la sentience ne font pas l’objet d’un consensus définitif. Plus spécifiquement, les indicateurs comportementaux, qui suggèrent la présence de la douleur, ne la garantissent pas pour autant, même s’ils la rendent bien plus probable. La difficulté réside dans le fait que la plupart de ces indicateurs pourraient aussi très bien montrer l’existence de mécanismes de nociception sans aucune expérience déplaisante associée. La nociception suffit théoriquement à entraîner des réactions comportementales de réflexe, d’évitement : rester figé quand on est blessé·e, soigner sa plaie, etc. Or, les preuves de l’existence de mécanismes de nociception ne constituent pas des preuves de la sentience.
J’aimerais pouvoir dire qu’il est évident que tel ou tel animal souffre, qu’on le voit bien. Et ce, d’autant plus que la difficulté réelle à établir scientifiquement la sentience peut aussi être utilisée de façon intellectuellement malhonnête pour retarder la reconnaissance de l’existence d’indicateurs fiables en faisant preuve d’un scepticisme exacerbé. Reconnaître les incertitudes ne doit pas nous amener à nier le progrès du débat scientifique suite à l’accumulation de données expérimentales, et encore moins à maintenir le statu quo de l’exploitation des animaux concernés sous prétexte qu’on ne serait jamais complètement sûr·e·s.
7 – Les animaux vertébrés et certains invertébrés sont sentients, mais pas les plantes
Il faut garder en tête que la connaissance évolue très rapidement et qu’on généralise toujours – on a de bonnes raisons de le faire – à partir de l’étude de quelques espèces. Néanmoins, en l’état des connaissances actuelles, on peut affirmer que tous les animaux vertébrés sont sentients, c’est-à-dire les mammifères, les oiseaux, les reptiles, les batraciens ainsi que les poissons.
La question de la sentience des poissons a fait l’objet d’un débat scientifique assez vif depuis qu’ont été découverts des nocicepteurs chez des truites au début des années 2000. Mais on peut maintenant considérer, suite à l’accumulation de très nombreuses preuves de la présence d’indicateurs de la sentience, que les poissons sont effectivement sentients[2].
La sentience des invertébrés est beaucoup plus incertaine et, surtout, les connaissances empiriques varient considérablement selon les espèces. La sentience des céphalopodes (des poulpes, par exemple) et des décapodes (des homards et des crabes, par exemple), est jugée très probable par un rapport de la London School of Economics, tandis que très peu de tests ont été effectués pour les méduses, comme l’indique le 1er graphique de ce rapport sur la sentience des invertébrés publié par Rethink Priorities.
Quant aux insectes, eux aussi invertébrés, l’essentiel à retenir est qu’il y a un énorme déficit de tests expérimentaux de tout un ensemble d’indicateurs de la sentience pour tout un ensemble d’espèces, comme le résume ce chapitre de l’ouvrage Advances in Insect Physiology[3]. Mais une très grande prudence est de mise car, lorsque les indicateurs sont testés, presque tous sont estimés présents avec une assez forte probabilité. L’absence de preuves de sentience n’est donc pas à interpréter comme une preuve d’absence de sentience.
Reste la question qui est sur toutes les lèvres dès qu’il s’agit de dénoncer l’exploitation animale : et les plantes ? La sensibilité des plantes face à une large gamme de signaux qu’elles peuvent détecter est certes avérée, mais il n’y a pour le moment aucune raison sérieuse de les croire sentientes. De fait, il leur manque plusieurs des structures anatomiques nécessaires pour réaliser la sentience. En particulier, elles n’ont pas de cerveau – l’organe qui est en mesure de produire le phénomène de douleur chez toutes les espèces sentientes qu’on étudie – et même aucun système nerveux, élément pourtant jugé indispensable pour être sentient.
8 – La sentience est moralement pertinente
Ce n’est pas pour rien que beaucoup d’efforts sont consacrés à identifier les êtres sentients : c’est que la sentience marque une différence morale fondamentale ! En effet, être sentient consiste à pouvoir ressentir des souffrances ou des plaisirs, à vivre les événements en 1ère personne. Ce qui nous arrive – en tant que sujets d’expériences – nous importe. Être sentient implique d’avoir des intérêts, en ce sens que l’on peut nous faire du bien ou du mal. Or, il est assez consensuel en éthique de considérer qu’avoir des intérêts est suffisant (et nécessaire) pour importer moralement.
Une autre façon de le dire est qu’un être sentient est susceptible de subir des préjudices, et qu’il est de ce fait possible de traiter justement ou injustement cet individu. Comme l’écrit très justement Estiva Reus, qui a introduit l’usage du terme en France : « La proposition “Les animaux sont sentients” n’est que descriptive ; elle n’est l’injonction de rien. Pourtant, le seul fait de sentir, comprendre, avoir présent à l’esprit, que cette proposition est vraie crée une incitation à changer de comportement envers les bêtes : il est difficile de faire sciemment du mal à quelqu’un quand on n’a plus les moyens de se rendre sourd et aveugle à sa souffrance[4]. »
9- Sentience ≠ sentientisme
La sentience est donc à la fois une certaine capacité psychologique présente chez certains individus, et un critère moralement pertinent, et pour cela mobilisé en éthique. Les scientifiques nous aident à déterminer ce qu’est la sentience, et qui est sentient – autrement dit où se trouve la sentience dans le monde physique – tandis que les éthicien·nes nous aident à déterminer ses implications morales.
Pour plus de clarté, on peut distinguer la sentience, qui est le phénomène étudié par les sciences empiriques, et le sentientisme, qui est la thèse en philosophie morale selon laquelle la sentience compte moralement. Plus particulièrement, le sentientisme défend qu’il faut et il suffit d’être sentient pour avoir un statut moral (impliquant que nos intérêts doivent être pris en considération). Notons que ce sont bien deux questions différentes, et qu’il y aurait un intérêt scientifique à étudier empiriquement la sentience même si cette propriété ne faisait aucune différence morale. La sentience fait l’objet de recherches au sein du champ des études de la sentience, tandis que le sentientisme est une position philosophique défendue en éthique.
Or, le fait que la sentience est un concept fortement mobilisé en éthique se trouve parfois utilisé pour laisser entendre que le concept serait exclusivement moral et non scientifique, qu’il s’agirait d’une simple « invention des antispécistes ». Mais les deux ne s’opposent absolument pas et cette critique est un aveu d’ignorance de la richesse et de la rigueur de l’étude empirique de la sentience par de nombreuses disciplines scientifiques.
10- Le sentientisme n’exclut les intérêts de personne
Une objection courante prétend que le sentientisme ne ferait que déplacer la frontière de la communauté morale mais reproduirait une hiérarchie et une discrimination : de même que le spécisme restreint la considération à l’espèce humaine et discrimine les êtres non humains, le sentientisme, similairement, discriminerait les êtres non sentients. Ce dernier retomberait donc dans les mêmes apories que le spécisme.
Cette idée reçue – qui s’accompagne souvent de l’idée que cela impliquerait une discrimination envers les plantes en particulier – repose sur une mécompréhension. Le sentientisme ne restreint pas arbitrairement la considération pour les intérêts de certains individus : il énonce que tous les intérêts doivent être également pris en compte. Mais il note que, pour avoir des intérêts, il faut être sentient. Autrement dit, il faut que ce qui arrive à un individu l’affecte subjectivement et donc lui importe pour qu’il puisse avoir des intérêts propres[5].
Énoncer que les plantes et les cailloux n’ont pas d’intérêts n’a donc rien de discriminatoire, puisqu’il est impossible de discriminer une entité qui n’a pas d’intérêts. Cela n’a ainsi rien à voir avec le spécisme qui consiste à négliger ou ignorer les intérêts de la plupart des êtres sentients, des intérêts qui quant à eux existent bel et bien. Parler d’intérêts des plantes induit en erreur, car c’est alors utiliser « intérêt » dans un sens seulement métaphorique, de la même façon qu’on dit parfois que nos appareils électroniques « communiquent ».
Le sentientisme n’a pas davantage pour conséquence une indifférence totale aux plantes ou aux écosystèmes : on peut vouloir les préserver, réduire la déforestation par exemple, pour bien d’autres raisons qu’en leur prêtant indûment des intérêts. En particulier, on peut vouloir préserver l’environnement pour le bien-être des êtres sentients qui l’habitent (et qui sont très nombreux, puisque la plupart des animaux sont sûrement sentients). C’est le même raisonnement qui permet d’affirmer que profaner des tombes est un acte immoral : nul besoin de penser que les tombes elles-mêmes en souffriraient, et pas plus les morts qui s’y trouvent ! C’est le fait que cet acte risque de causer énormément de peine aux proches des défunts qui justifie de trouver la profanation condamnable et de chercher à l’interdire pour éviter les souffrances impliquées.
Jusqu’à preuve du contraire, le sentientisme n’a donc rien de discriminatoire. Si les plantes se révélaient sentientes – scénario peu plausible, mais imaginons –, le sentientisme impliquerait que leurs intérêts doivent être pris en compte.
Conclusion
J’espère que cet article synthétique pourra contribuer, à sa très modeste échelle, à réduire l’autocensure que j’observe chez les antispécistes ou même dans l’animalisme en général. Ce que l’on peut éventuellement perdre en ayant à expliquer brièvement ce qu’est la sentience est en fait largement compensé par l’opportunité de faire connaître un concept important qui permet de mettre en évidence les distinctions pertinentes et prévient par avance les contre-arguments éculés qu’on continue de nous opposer.
Les discussions autour de la sentience me semblent bien plus répandues en langue anglaise. En témoigne le succès du tout dernier livre de Jonathan Birch, The Edge of Sentience [La Frontière de la sentience], disponible en libre accès et en audiobook gratuit : il a déjà été téléchargé plus de 10 000 fois, en plus des exemplaires papiers vendus. La sentience animale a même été reconnue pour la première fois en droit anglais, dans le Animal Welfare (Sentience) Act adopté en 2022.
Il est plus que temps de faire avancer les choses en francophonie ! Ce concept en vaut la peine ; après tout, il est très vraisemblable que la sentience soit, comme l’écrivait Estiva Reus, « la chose la plus importante du monde, peut-être la seule qui importe ».
Un grand merci à Gautier Riberolles et Sarah Zanaz pour leur relecture et leurs suggestions d’ajouts et de modifications.
Photo de Silicon Valley Fishkeeping sur Unsplash (@efishient)
Notes et références
| ↑1 | Ces idées sont présentées plus en détail dans cette conférence que j’ai donnée aux Estivales de la question animale en 2022. |
|---|---|
| ↑2 | La récente Déclaration de New York sur la conscience animale se montre légèrement plus prudente en affirmant que « les preuves empiriques indiquent au moins une possibilité réaliste d’expérience consciente chez tous les vertébrés ». |
| ↑3 | Matilda Gibbonsa, Andrew Crumpb, Meghan Barrettc, Sajedeh Sarlakd, Jonathan Birchb & Lars Chittka, « Can insects feel pain? A review of the neural and behavioural evidence », Advances in Insect Physiology, Vol. 63, 2022, p. 155-229. |
| ↑4 | Estiva Reus, « Sentience ! », Les Cahiers antispécistes, n° 26, nov. 2005. |
| ↑5 | D’autres critères sont proposés par certain·es éthicien·nes comme source potentielle de considérabilité morale, comme celui d’agentivité par exemple ; mais la position majoritaire qui se dégage semble être que la sentience est requise pour qu’un individu puisse avoir des intérêts. Voir à ce sujet l’épisode « Qui compte moralement ? », entretien avec Nicolas Delon dans le podcast Comme un poisson dans l’eau. |

