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Extrait tiré du chapitre 2 du livreVeganwashing: l’instrumentalisation politique du véganisme (Lux 2024) de Jérôme Segal.
Le veganwashing désigne un phénomène d’instrumentalisation, lorsqu’une entité décide de promouvoir officiellement le véganisme, non pas pour des raisons environnementales, sanitaires ou éthiques, mais pour redorer son image. Partant du fait qu’Israël est le pays avec la plus grande part de véganes au monde, le gouvernement a incorporé le veganwashing dans la « hasbara », terme qui signifie littéralement « explication » en hébreu, mais qui désigne avant tout une politique de communication visant à contrer toute attaque médiatique envers le pays. Aujourd’hui la situation est paradoxale car si le pays promeut officiellement le véganisme, il n’hésite pas à animaliser les Palestiniens de Gaza (objet de la section du livre qui suit cet extrait).
L’instrumentalisation du véganisme en Israël, un cas d’école
Au début des années 2010, le gouvernement israélien lance une véritable campagne de propagande pour célébrer la diffusion du véganisme dans le pays. L’armée est encore une fois utilisée comme exemple et décrite comme l’« armée la plus éthique du monde[1] ». Dans une vidéo publiée le 1er novembre 2019 sur les réseaux sociaux, un soldat de Tsahal nous parle ainsi de « l’armée la plus végane du monde » :
Aujourd’hui, c’est la journée mondiale du véganisme. Je vais vous montrer l’armée la plus végane du monde. Dans l’armée israélienne, il y a plus de dix mille soldats véganes. Cela représente un soldat sur dix-huit ! Chaque soldat a la liberté de choisir des bottes véganes plutôt que d’autres, des bérets véganes plutôt que d’autres, et des options alimentaires végétaliennes pour chaque repas. Voici Miri [il présente une soldate].
Bonjour, je m’appelle Miri et je suis végane depuis cinq ans. Lorsque j’ai rejoint les Forces de défense israéliennes, je savais qu’il était important pour moi de conserver un mode de vie végane. Venez avec moi, je vais vous montrer ce qu’il y a pour le déjeuner. Nous avons des salades, du riz, des lentilles et même un sauté de légumes ! Pour moi, être végane est une question de santé et de droits des animaux, et je suis fière de pouvoir continuer à faire ma part pour les hommes et les animaux. Bonne journée internationale du véganisme[2] !

L’agence de communication Vibe Israel s’est donné pour mission de « transformer dramatiquement » l’image d’Israël en y invitant des « influenceurs digitaux ». Depuis sa création en 2011, elle a invité plus de 250 influenceurs de plus de vingt pays, générant plus d’un milliard « d’impressions positives sur Israël », selon leur décompte. En 2018, elle a invité cinq blogueurs véganes parmi les plus suivis au monde pour qu’ils disent à leurs millions de « followers » que l’État juif est progressiste et innovant. Joanna Landau, fondatrice et directrice générale de Vibe Israel, explique :
La communauté végane en ligne est énorme et attire principalement des personnes ayant des points de vue progressistes, en plus d’avoir un bastion parmi les femmes et les milléniaux. Ces trois publics ont tendance à considérer Israël d’un œil plus critique que la moyenne, et nous avons pensé que ce serait un bon angle à prendre pour les sensibiliser. Cela s’inscrit dans notre philosophie générale selon laquelle l’histoire d’Israël devrait être racontée à travers ses forces et ses avantages concurrentiels qui sont particulièrement attrayants et séduisants pour les milléniaux. Nous pensons que le meilleur moyen d’améliorer la réputation mondiale d’Israël est d’amener cette génération à s’intéresser à Israël en passant par ce qui lui tient à cœur[3].
Le véganisme est également mis à profit dans une déclinaison végane des « Birthright trips », ces voyages offerts depuis 1999 par « droit de naissance » aux jeunes personnes de confession ou de culture juive âgées de 18 à 26 ans, pour leur faire découvrir Israël et accessoirement les inciter à faire plus tard leur alya (littéralement « la montée », quitter la diaspora pour s’établir en Israël, comme le font plus de 2 000 personnes par an, venues principalement d’Amérique du Nord). Lors de ces voyages, l’occupation israélienne est complètement passée sous silence, tout comme les discriminations dont sont victimes les Israéliens non juifs[4]. À côté des « Birthright trips » réservés aux orthodoxes qui refusent la mixité des genres, ou, au contraire, des voyages concoctés pour des jeunes intéressés par un « LGBTQ Trip Style», il y a eu en 2017 une proposition de « Vegan Birthright » : découvrir Israël tous frais payés avec nourriture végane aux trois repas.
Si Israël peut être présenté comme le paradis des véganes, c’est qu’on y constate réellement un essor du véganisme. Selon les enquêtes, comme nous l’avons déjà dit, entre 3 et 5 % de la population est végane, un record mondial. Il y a au moins trois raisons à ce succès. La première est que la tradition culinaire locale, partagée d’ailleurs avec les autres pays de la région, est en grande partie végane : houmous et falafels, les salades fattouche et taboulé, les légumes grillés et autres accompagnements comme le caviar d’aubergines, le babaganoush, le tahini… La seconde raison est plus liée à la religion juive : la majeure partie des habitants, y compris les non-pratiquants, connaissent les règles de la cacherout qui détermine ce que l’on peut manger ou non. De ce fait, les Juifs sont habitués à faire très attention à ce qu’ils mangent, à vérifier si un plat contient du lait ou à se demander quel type de poisson se trouve dans leur assiette. Qui plus est, le précepte du judaïsme Tza’ar baalei chayim (« la souffrance des créatures vivantes ») pousse à réduire autant que possible la souffrance animale et c’est la raison pour laquelle de nombreux rabbins estiment que la viande industrielle ne peut être casher et que, dans le doute, il vaut mieux se rabattre sur les végétaux. D’ailleurs, en 2017, 75 rabbins de tous les courants qui composent le judaïsme ont signé un appel à se convertir au végétalisme[5]. Enfin, la troisième raison pour laquelle le véganisme est si populaire en Israël repose sur le fait qu’après plus de cinq mille ans de persécution des Juifs, certains d’entre eux ressentent une empathie particulière pour les autres groupes persécutés et considèrent que les animaux non humains sont les plus vulnérables de tous. Dans cette catégorie de la population, le délicat parallèle entre les abattoirs et les centres d’extermination de la Seconde Guerre mondiale – wagons à bestiaux, tatouage, mort par le gaz, traitement à la chaîne, profits tirés de toutes les parties des corps… – résonne particulièrement fort[6].
Historiquement, les premiers véganes à s’affirmer comme tels en Israël, pour des raisons religieuses et de santé, ont été les Black Hebrew Israelites. Ces Afro-Américains étaient une centaine à leur arrivée en 1969, et sont aujourd’hui environ 5 000, essentiellement regroupés dans un quartier de la ville de Dimona, située dans le désert du Néguev. Leur strict véganisme est d’inspiration religieuse mais s’affiche aussi en lien avec des raisons de santé[7]. Vivant en autarcie pour leurs besoins alimentaires, ils ont commencé à produire leur propre lait d’amande et leur tofu dès le milieu des années 1970, avant d’en vendre hors de leur communauté et d’ouvrir en 1984 le premier restaurant végane du pays.
Lorsqu’on discute aujourd’hui avec les véganes israéliens, ils sont très peu nombreux à parler de la communauté de Dimona et, la plupart du temps, ce sont les mêmes deux noms qui reviennent : Gary Yourofsky et Tal Gilboa. Le premier, né en 1970, est un militant étasunien de la cause animale dont la vidéo intitulée « The Most Important Speech You Will Ever Hear » a été vu plus de 1,5 million de fois en Israël après que les sous-titres en hébreu ont été ajoutés en 2010. Depuis, Yourofsky est intervenu plusieurs fois à la télévision israélienne, à des heures de grande écoute, pour insister notamment sur le parallèle entre le traitement des animaux de rente et celui des Juifs dans les centres d’extermination nazis[8].
Tal Gilboa est une Israélienne née en 1978 qui a atteint le statut de star nationale en remportant le concours de téléréalité « Big Brother » en 2014. Cette expérience a été pour elle une occasion unique de parler à un vaste public de son véganisme et de le justifier, semaine après semaine. Selon un sondage, 37 % des téléspectateurs ayant suivi l’émission ont déclaré avoir ensuite réduit leur consommation de viande, 10 % seraient devenus végétariens et 5 % véganes[9].
Le cas de Tal Gilboa mérite d’être étudié de plus près, pour la récupération dont elle a été l’objet, et à laquelle, il faut bien l’admettre, elle s’est volontiers prêtée. En tant que militante, elle avait manifesté contre Soglowek, le premier fabricant de viandes transformées en Israël. Or, en mai 2018, la même compagnie connue pour avoir poursuivi des militants antispécistes qui avaient dénoncé leurs pratiques d’abattage, a embauché Tal Gilboa pour faire une vidéo de promotion de leur gamme de substituts végétaux. Un an plus tard, Gilboa a été nommée conseillère chargée des questions relatives aux droits des animaux, dans le cabinet de Netanyahou. Sa portée était limitée, mais on doit tout de même lui reconnaître quelques avancées : l’interdiction du commerce de la fourrure (sauf pour motif religieux, surtout pour les schtreimels des Juifs orthodoxes), des restrictions sur l’abattage des chiens errants et une aide financière pour les startups dédiées au développement de la viande de culture.
En avril 2022, la Knesset accorde une bourse de 18 millions de dollars pour trois ans à un nouveau consortium regroupant quatorze entreprises engagées dans la production de viande cultivée, en association avec dix centres de recherche. Parmi les entreprises du consortium, Aleph Farms a déjà réussi à collecter 105 millions de dollars de divers investisseurs, en 2021. L’enjeu commercial est de taille : à l’été 2023, dans le monde entier, 49 compagnies œuvrent dans le secteur et cinq d’entre elles sont basées en Israël, ce qui met ce petit pays de neuf millions d’habitants en deuxième position, derrière les États-Unis, qui abritent 15 de ces compagnies. Israël se targue volontiers, comme d’autres, d’être une « startup nation » et son engouement pour les techniques de culture de la viande est compatible avec la diffusion dans le pays d’une préférence pour le véganisme.
Pour autant, le véganisme est-il si répandu dans le pays ? La proportion des véganes y est certes plus grande qu’ailleurs dans le monde, mais la consommation de viande ne cesse d’augmenter. En effet, elle demeure de loin la plus haute du Moyen-Orient et dépasse même celle de nombreux pays occidentaux. En 2020, on consommait 99 kg de viande par habitant en Israël contre 77 kg en Europe et 90 kg au Canada. La moyenne des quatre pays limitrophes d’Israël était de 27 kg. Les Israéliens sont d’ailleurs ceux qui consomment le plus de viande de volaille, avec 68 kg par an en moyenne, ce qui s’explique en partie par un report de la consommation de porc sur la consommation de volaille pour des raisons religieuses[10].
Comme souvent en Israël, la religion joue un rôle important dans une partie du discours végane. La figure spirituelle le plus souvent citée est celle du rabbin Abraham Isaac Kook (1865-1935), auteur de textes sur le rapport des humains aux animaux et sur la nécessité d’inclure ces derniers dans notre cercle de compassion[11]. Mais celui qui fut à l’époque du mandat britannique le premier grand-rabbin ashkénaze en terre d’Israël est aussi le précurseur du sionisme religieux et messianique[12]. Aujourd’hui, Kook demeure la principale référence religieuse et philosophique des courants religieux nationalistes israéliens, prônant un grand Israël qui comprendrait la Cisjordanie et le Golan.
Le gouvernement dirigé par la droite et l’extrême droite depuis la fin 2022 ne s’accommode que trop bien d’une promotion du véganisme fondée sur la pensée de Kook et n’hésite pas, par ailleurs, à persécuter les premiers véganes du pays que sont les Black Hebrew Israelites. Accusés de ne pas être de vrais Juifs et de résider en Israël sans autorisation, de nombreux membres de cette communauté sont menacés d’expulsion depuis l’été 2023, même s’ils sont nés dans le pays et parlent parfaitement l’hébreu[13].
Pour beaucoup de militants du véganisme, la guerre à Gaza, l’occupation de la Cisjordanie et les discriminations systémiques envers les minorités ethniques du pays semblent être des enjeux très éloignés de leurs préoccupations quotidiennes. À titre d’exemple, dans un article faisant le point sur la protection légale des animaux en Israël, l’autrice rappelle l’interdiction de production puis d’importation de foie gras (2003 et 2013), la grande marche de 30 000 personnes en septembre 2017 pour « dénoncer le traitement inhumain des animaux et appeler à la compassion, à la justice et au véganisme en Israël » et conclut après de nombreux commentaires sur la législation en ces termes : « Une nation qui a fait de la dignité humaine la loi fondamentale sur laquelle l’État est fondé permet d’espérer des interprétations favorables de la loi au motif d’une extension potentielle du concept de dignité à tous les êtres sentients. » C’est à se demander si les Palestiniens sont considérés comme êtres sentients[14]…
Rares sont les véganes qui sont également engagés pour la paix et la défense des droits des Palestiniens. Yossi Wolfson, né en 1969, est de ceux-là, prêt à passer douze jours en prison plutôt que de servir dans les Territoires palestiniens occupés. Avocat, il s’engage pour les humains et offre une assistance juridique individuelle dans les Territoires occupés, comme pour les autres animaux. Il n’hésite pas à faire des parallèles entre les deux causes qu’il défend : « D’un point de vue animal, nos villes aussi sont des territoires occupés[15]. » Et les Palestiniens, comment perçoivent-ils la promotion du véganisme en Israël ?

Le point de vue des animalistes palestiniens
La « Ligue palestinienne pour les animaux » (Palestinian Animal League, PAL) opère en Cisjordanie depuis 2011. Son cofondateur et porte-parole, Ahmed Safi, raconte qu’au départ, les réactions de son entourage étaient surtout critiques, sinon franchement hostiles, face à une cause autre que la lutte contre l’occupation israélienne[16]. Aujourd’hui, l’association emploie cinq personnes à temps plein ou partiel, et compte sur la participation de nombreux volontaires. Elle agit principalement dans les domaines de l’éducation, de la législation et du sauvetage des animaux maltraités (surtout les chiens et chats errants mais aussi les ânes parfois maltraités).
Ahmed Safi insiste sur le fait que, traditionnellement, les Palestiniens ont toujours eu un régime végétarien, hormis certaines occasions où ils consommaient exceptionnellement de la viande. Mais lorsqu’ils ont été expulsés de chez eux, le lien qu’ils entretenaient avec leur terre a été altéré (ses propres grands-parents ont été chassés de la zone où a été construit l’aéroport Ben Gourion dans les années 1930). En 1948, avec la Nakba, de 700 à 800 000 Palestiniens ont été déplacés vers des camps de réfugiés où ils ont reçu des bons alimentaires de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) qui donnaient surtout accès à des sardines en boîte, des produits laitiers et des œufs, au mépris de leur régime traditionnel.
La défense de la cause animale en Palestine incite à remettre en perspective la question de l’intersectionnalité et la prise en compte des cultures locales. Alors que la plupart des antispécistes occidentaux condamnent toute forme de traction animale, Ahmed Safi rappelle que la topographie et le climat de la région, ajoutés à la difficulté d’acquérir un tracteur, rendent indispensable le recours aux animaux de trait pour le labourage. De même, lorsque des militants viennent de l’étranger sans comprendre l’importance de l’occupation israélienne, prônant la fin de toute exploitation et condamnant toute forme de nationalisme, de nombreux Palestiniens dont la résistance à l’occupant s’exprime à travers la défense d’une nation palestinienne se sentent pour le moins incompris.
De la même façon, les formes du militantisme de la cause animale ne sont pas toutes également admissibles en Palestine : les marches pour la fermeture des abattoirs, comme on en voit en France depuis 2012, ne seraient pas comprises dans des villes où les marches sont habituellement des cortèges funéraires à la mémoire des Palestiniens tués par les forces d’occupation. De même, les mises en scène de type « die-in » sur des places très fréquentées avec des corps largement dénudés couverts de peinture rouge pour rappeler le sang qui coule dans les abattoirs ne seraient pas tolérés à Ramallah et encore moins à Hébron ou Naplouse. C’est ce qui a poussé Ahmed Safi à rédiger un texte pour expliquer en quoi « ce qui convient à Paris ne convient pas nécessairement à Ramallah[17] », peu après un colloque international tenu en 2018 près de Ramallah et ayant comme titre « Défendre la Palestine – Libérer le peuple, la terre et les animaux ».
En novembre 2023, pendant les bombardements israéliens sur Gaza et alors que les exactions commises par les colons israéliens s’amplifiaient en Cisjordanie, la Ligue palestinienne pour les animaux a mis en place un programme ambitieux pour soigner les traumatismes tout en valorisant les animaux :
Au milieu de la guerre en cours à Gaza, les enfants palestiniens de Cisjordanie sont inondés d’images et de reportages pénibles qui affectent profondément leur bien-être mental et émotionnel. La principale préoccupation de PAL concerne les blessures émotionnelles cachées portées par ces enfants. C’est pourquoi PAL s’est lancé dans un projet qui exploite les effets thérapeutiques prouvés des animaux sur le soulagement de l’anxiété, du trouble de stress post-traumatique et des effets durables des traumatismes non traités. (…) Reconnaissant le sentiment d’impuissance auquel beaucoup sont confrontés, en particulier en étant témoins des luttes à Gaza, PAL responsabilise ces jeunes esprits en prenant soin des animaux, en favorisant l’estime de soi et la croyance en leur capacité à avoir un impact positif. Ce projet améliore non seulement la santé mentale, mais sème également l’espoir d’un avenir meilleur[18].
Lorsqu’on aborde avec lui le phénomène du véganisme en Israël, le représentant de la Ligue prononce immédiatement le mot « veganwashing ». Interrogé sur les positions d’une personne comme Yossi Wolfson, qui s’engage également en tant qu’avocat auprès des Palestiniens, il approuve cette démarche mais refuse catégoriquement toute association, même ponctuelle, avec des organisations ou des personnalités israéliennes pour ne pas, explique-t-il, normaliser l’Occupation.
[1] Pas moins de 603 entrées sur le site du journal Haaretz en entrant « most moral army », l’expression a par exemple souvent été utilisée par le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman.
[2] Vidéo accessible sous http://www.bit.ly/IDF-Vegan.
[3] Jessica Halfin, « Leading Vegan Bloggers Dig Israel’s Vibe », Hadassah Magazine, 27 mars 2018. Voir le site http://www.vibeisrael.com.
[4] C’est à travers un album de bande dessinée que l’on se rend le mieux compte de la propagande liée à ces voyages, Sarah Glidden, Comment comprendre Israël en 60 jours, Issy-les-Moulineaux, Steinkis, 2011.
[5] Jacob Ari Labendz et Shmuly Yanklowitz, Jewish Veganism and Vegetarianism: Studies and New Directions, Albany, Suny Press, 2019, p. 317. Cet ouvrage est précieux pour saisir les liens entre l’identité juive et le véganisme.
[6] Pour plus de détails, voir Segal, Animal radical, chap. 3, « Israël, l’Eldorado des véganes et des antispécistes? ».
[7] Michael T. Miller, « Ben Ammi’s Adaptation of Veganism in the Theology of the African Hebrew Israelites of Jerusalem », Interdisciplinary Journal for Religion and Transformation in Contemporary Society, vol. 1, 14 septembre 2021, p. 1-29. Voir aussi la référence de la note précédente.
[8] Reuters, « Israel: A Mecca for Vegans », 25 juillet 2015, http://www.ynetnews.com. En 2021, dans son article sur le véganisme en Israël, Sharon Avital avance le chiffre de « plus de trois millions de vues (« Because We Care: Veganism and Politics in Israel », dans Veg(etari)an Arguments in Culture, History, and Practice, édité par Cristina Hanganu-Bresch et Kristin Kondrlik, New York, Palgrave Macmillan, 2020, p. 63-92.
[9] Avital, « Because We Care: Veganism and Politics in Israel », op. cit., p. 76.
[10] Ces données sont facilement accessibles sur l’excellent site http://www.ourworldindata.org.
[11] Abraham Isaac Kook, Une vision du végétarisme et de la paix, Lausanne, L’Âge d’homme, 2020. Richard H. Schwartz et David Sears ont aussi écrit un article sur « The Vegetarian Teachings of Rav Kook » dans le livre dirigé par Jacob Ari Labendz et Shmuly Yanklowitz, Jewish Veganism and Vegetarianism: Studies and New Directions, Albany, Suny Press, 2019, p. 217-232.
[12] Rappelons ici que le sionisme de Theodor Herzl, un des pères du sionisme politique avec Nathan Birnbaum, n’avait rien de religieux. Herzl ornait d’ailleurs en décembre son appartement viennois d’un sapin de Noël et n’avait pas fait circoncire son fils Hans à sa naissance en 1891. D’ailleurs, lorsqu’il a demandé aux 90 représentants des rabbins allemands de tenir dans ce pays son premier congrès sioniste, 88 d’entre eux refusèrent et c’est la raison pour laquelle le congrès se tint à Bâle.
[13] Ilan Ben Zion, « After Decades of Struggle in Israel, Dozens of African Hebrew Israelites Face Deportation », AP News, 21 juillet 2023.
[14] Marine Lercier, « Legal Protection of Animals in Israel: Animal Welfare in the Land of Milk and Honey », dA. Derecho Animal (Forum of Animal Law Studies), vol. 8, no 4, octobre 2017, p. 2 et 22.
[15] Entretien avec l’auteur à Jérusalem le 2 janvier 2023.
[16] Entretien avec l’auteur à Ramallah le 3 janvier 2023.
[17] Ahmed Safi, « What Suits Paris Doesn’t Necessarily Fit Ramallah », site de la PAL (www.pal.ps), 28 mai 2020.
[18] Page Facebook de la Palestinian Animal League en date du 19 novembre 2023.

