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1| Que faites-vous pour les animaux ?
J’agis à différents niveaux depuis plusieurs années pour que progressent la considération et l’engagement envers les animaux non-humains :
- D’un point de vue personnel, je suis végétarien depuis bientôt 10 ans et végane depuis environ deux ans, et souvent un peu obsessionnel j’avoue durant les repas avec mes proches… 😉
- D’un point de vue militant, je suis l’auteur de trois essais qui plaident pour la convergence des luttes antispécistes et écologistes et suis actif dans plusieurs associations animalistes ;
- D’un point de vue professionnel, j’ai la chance de travailler au quotidien dans une ONG scientifique d’étude et de protection des cétacés à La Réunion ;
- D’un point de vue politique, je fais partie du Conseil d’administration de la REV (Révolution Écologique pour le Vivant), premier et seul parti antispéciste de France.
2| Qu’est-ce qui est le plus difficile dans votre activisme ?
Incontestablement la résistance et l’inertie au changement.
Je suis stupéfait de constater à quel point même les personnes les plus empathiques et les plus intellectuellement ouvertes dans mon cercle relationnel rechignent à intégrer les intérêts des animaux dans leur mode de pensée et d’agir.
Quand bien même ils adhérent à tous les arguments du discours antispéciste et qu’ils connaissent des alternatives de moindre impact écologique à la cruauté, la culture carniste dominante l’emporte quasi systématiquement. C’est régulièrement désespérant.
3| Qu’est-ce qui vous semble compliqué avec l’antispécisme ?
L’idéologie antispéciste est une telle rupture avec l’existant, un tel renversement de la pensée dominante, une telle perspective révolutionnaire, que la saisir pleinement mérite qu’on s’y attarde vraiment et qu’on prenne le temps de se nourrir des réflexions de tous celleux qui l’ont faite émerger.
Bien évidemment, peu de personnes font l’exercice sincère de saisir toutes les nuances, les complexités et les potentiels de ce mouvement par conséquent très perméable aux erreurs d’interprétation, aux raccourcis, à la caricature, voire à l’instrumentalisation par nos adversaires idéologiques.
4| Qu’est-ce qui vous énerve avec l’antispécisme ?
Un certain nombre de représentants de la vieille école qui s’acharnent, avec une mauvaise foi confondante, à nier la proximité des enjeux écolos et antispé (et nuisent à la convergence de ces mouvements) ; qui donnent une importance démesurée à l’épineuse question RWAS (une bénédiction pour nos adversaires) ; qui par réflexe pavlovien de « contre appel à la nature » se vautrent dans le techno-solutionnisme (et cautionnent le capitalisme le plus opportuniste) ; qui flirtent sans en avoir l’air avec les idées de droite réactionnaires (à l’opposé de l’émancipation que suppose la lutte contre le système de domination spéciste).
5| Quelle tactique vous semble la plus prometteuse ?
Mettre les individus face à leurs contradictions et démontrer méthodiquement les impasses du système. On a la chance de disposer de données ultra solides, d’arguments imparables et d’images terriblement impactantes pour défendre nos idées. Une fois n’est pas coutume, on a un « renforcement synergique » entre la rationalité et l’émotion dont il faut user à fond.
Je suis un peu « brut de décoffrage », je pense qu’il faut pilonner sans concessions et mettre nos interlocuteurs au pied du mur, mais en restant toujours inattaquable sur les faits et les chiffres. Et ça tombe bien, ils sont tous en notre faveur.
À force, ça va rentrer !

