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Dans ce chapitre issu de son premier ouvrage intitulé En finir avec les idées fausses sur l’antispécisme, Victor Duran-Le Peuch dénonce les discours glorifiant l’altérité animale : l’appel à la différence est davantage un outil d’oppression que de reconnaissance respectueuse de cet « autrui ». Cette idée fausse est à retrouver parmi les quarante-sept autres débunkées dans son ouvrage[1].
« Les animaux sont fascinants, si différents ! »
Les animaux ont la cote. Il suffit d’un détour par les rayons des librairies ou les plateformes de streaming pour s’en convaincre : « le mystère des animaux[2] », « la sagesse des éléphants[3] », « nos incroyables bêtes sauvages[4] », « la vie secrète des animaux[5] »… Un vrai filon éditorial ! Partout, la même promesse : celle d’un accès furtif à un monde étrange, profond, presque sacré, dont nous serions irrémédiablement séparé·es. Les animaux n’y apparaissent pas comme des individus, encore moins comme des égaux : ce sont des énigmes, des figures de l’ailleurs, des emblèmes d’un Autre radical. Une altérité[6] auréolée de prestige mais qui sert, plus souvent qu’on ne veut l’admettre, à perpétuer une mise à distance.
Cette fascination pour la différence n’a rien d’innocent. Sous ses dehors louangeurs ou sublimés, elle repose sur un imaginaire de la dissemblance qui empêche toute reconnaissance réelle des autres animaux comme sujets. Loin de simplement constater une différence, notre culture fabrique l’idée d’un fossé ontologique entre les humains et les autres animaux, et s’en sert pour justifier l’exclusion de ces derniers du champ de la justice.
L’Animalité, figure par excellence de l’Autre
La philosophie n’a cessé de construire la figure de l’Animal (avec un A majuscule) comme l’Autre fondamental de l’Humain[7]. Elle constitue son alter ego au sens littéral : un autre soi, mais suffisamment autre pour qu’on ne s’y reconnaisse jamais tout à fait. C’est que l’humain semble avoir besoin des animaux pour se penser lui-même – une quête identitaire par contraste, où l’on cherche à savoir qui l’on est en traçant les contours de ce que l’on n’est pas. Les autres animaux servent ainsi de surface de projection contre laquelle l’humain viendrait se définir : tantôt ils nous renverraient à notre supposée « part animale », tantôt ils incarneraient la bestialité que nous prétendons avoir laissée derrière nous[8]. Comme le résume la biologiste Cécile Huchard, « l’animal est pour l’homme [sic] la figure même de l’altérité, et cela d’autant mieux qu’il ne peut répondre et plaider pour lui-même[9].»
Il ne faudrait pas s’aviser de penser que l’humain serait vraiment un animal ; il est plus à l’aise de s’y reconnaître depuis l’autre côté de la rive. L’Animal est en effet une notion-clé de création d’un « tout autre », d’une différence essentielle, abyssale : c’est une figure, le résultat de nos fantasmes, de notre imaginaire, de ce que nous plaquons sur les autres animaux plutôt qu’observer qui ils sont vraiment. D’où le vocabulaire récurrent du « mystère », qui suggère non pas une difficulté empirique à comprendre, mais un abîme ontologique à jamais infranchissable. Elle permet de tracer une frontière étanche entre nous et eux, ce qui explique que cette figure de l’Animalité soit un élément central de légitimation de notre domination sur eux.
Dire que les animaux sont « différents » suppose, en apparence, une simple constatation descriptive. Mais comme l’ont montré notamment Colette Guillaumin et Christine Delphy, la différence n’est jamais distribuée équitablement : elle est systématiquement attribuée aux dominé·es, comme si elle résidait en eux, objectivement, naturellement. L’altérité, qui devrait désigner une relation – être différent de –, se fige en une propriété unilatérale[10]. Ce sont toujours les autres qui sont « différents » : les femmes par rapport aux hommes, les Noir·es par rapport aux Blanc·hes, les homos par rapport aux hétéros… et les animaux par rapport aux humains. Le langage lui-même trahit cette hiérarchisation : on parle rarement de « la différence des hommes », mais volontiers de « la différence des femmes ». Comme le souligne Guillaumin, même lorsqu’on semble énoncer une symétrie (« les femmes et les hommes sont différents »), le centre reste masculin, blanc, humain – référent invisible auquel tout se mesure, mais qui échappe lui-même à la qualification[11]. En naturalisant la différence, on la transforme en hiérarchie implicite, au nom d’une altérité supposée essentielle qui tient les « autres » à jamais hors du cercle des égaux.
L’altérité n’est pas constatée, mais décrétée
« L’altérisation n’est pas le simple constat d’une différence entre plusieurs groupes, mais bien plutôt l’utilisation d’une différence (réelle ou fictive) pour anéantir tout sentiment de ressemblance ou de connexion entre des personnes : c’est une construction politique et normative d’infériorisation qui entérine la domination[12].»
Si les animaux nous apparaissent « opaques[13] », selon une expression de Corine Pelluchon, c’est que nous ne les regardons qu’avec un certain prisme, étriqué et anthropocentré. À travers ce filtre, nous ne percevons que ce qui conforte nos préjugés : surtout pas leur intériorité, leur subjectivité. Notre incapacité à comprendre les animaux révèle moins leur altérité que notre manque de curiosité et d’efforts pour vraiment les connaître. Mais il est plus commode d’interpréter cela comme un signe de plus de leur différence radicale, plutôt que d’admettre humblement notre propre ignorance[14].
Cette obsession de la différence crée un écran qui empêche toute rencontre authentique : « La différence est une grille, et pas seulement de lecture[15] ». À force de chercher la différence (cf Chapitre 30. « L’antispécisme nie les différences entre humains et animaux »), on finit toujours par la trouver : elle devient la conclusion inévitable d’un raisonnement qui, en réalité, l’avait déjà posée comme point de départ. Toute disparité, si infime soit-elle, finit par être mobilisée pour conforter l’idée que les animaux ne sont pas nos semblables. Quand on n’a qu’un marteau, tout finit par ressembler à un clou[16]. Peu importe leur extrême diversité, nous les réduisons à cet unique point commun : ne pas être nous.
Il n’y a pas tant – comme on l’entend parfois – une « peur de la différence[17] »: c’est au contraire voir les animaux comme nos semblables qui nous répugne. Et c’est bien pour cela que, peut-être alertés quant au sort de Narcisse qui s’était tant rapproché de son reflet qu’il s’y était noyé, nous maintenons les animaux fermement à distance, de peur de nous perdre en eux (et de nous découvrir nous-mêmes… des animaux). L’« altérité » dont on nous rebat les oreilles est donc moins une reconnaissance de l’autre qu’un dispositif de distanciation – une altérisation.
Un émerveillement qui tient à distance
Cette focalisation sur la supposée altérité radicale des autres animaux prend souvent la forme de l’exotisation, c’est-à-dire une fascination condescendante pour certains Autres ou certains ailleurs qui, sous des dehors positifs, repose sur des stéréotypes, des simplifications ou des fantasmes. C’est ce que reproche l’écrivain Camille Brunel à Sylvain Tesson qui, dans son ouvrage La Panthère des neiges[18], relate comment il est allé pister cet animal dans l’espoir de l’apercevoir un instant :
« En l’absence de notion de “personne non humaine” pour décrire l’apparition de grands animaux dans les environnements sauvages, les humains peinent à rendre leur regard aux créatures à travers l’avalanche de mythes qui s’abat alors sur eux. Parce qu’ils cherchent des mots à la hauteur de leur émotion, le vocabulaire du mysticisme s’impose à eux, se substituant à celui de la rencontre : et voilà les baleines ou les panthères des neiges faites émanations du lieu, purs spectres, déesses des origines. Il est pourtant possible, plausible et autorisé de dire que l’on a rencontré quelqu’un, et non quelque âme des pierres investie d’une connaissance exhaustive de l’univers. Il arrive aux panthères des neiges de tomber d’une falaise en chassant et de se tuer, comme n’importe qui[19].»
L’émerveillement peut rapidement devenir un nouvel instrument de mise à distance : non considérés pour qui ils sont, nous les réduisons à de simples supports de nos projections. On peut très bien s’extasier devant la beauté d’un félin tout en se désintéressant totalement de ce qu’il vit réellement, tant qu’il nous procure notre petit frisson de nature. On peut s’intéresser à certains animaux que l’on trouve particulièrement fascinants et mystérieux, et ignorer l’ensemble des autres êtres sentients alentour, voire les piétiner sans précaution pour mieux courir observer la magnifique panthère.
Ce discours flatteur se couvre d’intentions nobles, mais vient épaissir le brouillard de mystère dont nous entourons les animaux pour mieux les mettre à distance et ainsi pouvoir les objectifier et les exploiter. Pensez aux safaris qui en sont l’illustration parfaite : les animaux y sont convoités tantôt comme objets de curiosité (photographies), tantôt comme objets d’appropriation (trophées), mais rarement reconnus comme des sujets.
Bien sûr, nous maquillons cette soif de distanciation sous de beaux discours : c’est là qu’intervient la romantisation de la différence permise par l’exotisation. Il faut donc se méfier de cette façon de plus en plus courante de présenter les animaux comme des modèles d’inspiration[20] : détenteurs d’un « instinct[21] » et d’un « pouvoir animal », nous livrant les enseignements[22] des « mystères » de ce monde grâce à leur « ancestralité animale », nous transmettant leur « sagesse[23] » pour peu que nous sachions les écouter. Admiration et inspiration finissent trop souvent par rimer avec exploitation…
« Pas inférieurs, mais différents » : nouveau discours, mêmes effets
Sans surprise, les encenseurs de l’altérité animale en viennent à prétendre que c’est traiter les animaux en égaux qui équivaudrait à nier ce qu’ils sont (différents, puisqu’on vous le répète !), en cherchant à tout prix à les faire entrer dans nos cases humaines[24]. L’ethnologue et anthropologue Jean-Pierre Digard, fervent détracteur du véganisme, nous en fournit un exemple éloquent : « Respecter les animaux, c’est respecter leur différence. […] Le respect des animaux, c’est le spécisme, ça n’est pas l’antispécisme[25]. » Autrement dit, pour pleinement « respecter leur altérité », il ne faudrait surtout pas veiller à la protection de leurs intérêts fondamentaux ni leur accorder des droits. Ce serait les « humaniser » et ainsi nier leur « animalité » (cf Chapitre 6. « L’antispécisme prend les animaux pour des humains »). Le problème fondamental de l’altérité, c’est qu’elle appelle certes l’admiration, mais pas l’égalité.
Cette rhétorique sophistiquée est ce qu’on appelle un « différentialisme ». Elle est fréquemment déployée pour préserver le statu quo dès lors qu’il n’est plus socialement acceptable de proclamer simplement l’infériorité des êtres qu’on domine. Comme l’explique Axelle Playoust-Braure, appliquant les grilles d’analyse du féminisme matérialiste à la domination spéciste : « Faire référence à la “différence” des animaux est une façon politiquement correcte de rappeler qu’ils sont nos subalternes, qu’ils nous sont inférieurs – et qu’ils doivent le rester. Cette démarche quelque peu paradoxale consistant à prescrire une différence naturelle se fait particulièrement voir et entendre lorsque l’ordre social est menacé[26].»
Ce discours est plus subtil et difficile à critiquer que l’affirmation brute de la supériorité humaine[27] ; il est même séduisant sous bien des aspects car il valorise certaines qualités des autres animaux. Sous prétexte de soutenir qu’ils ne sont pas inférieurs, mais différents, il entérine pourtant bien l’ordre social inégalitaire. Il se pare des atours du respect (l’éloge de la différence) pour mieux maintenir une hiérarchie implacable (cf Chapitre 21. « On peut tuer un animal, mais avec respect »).
Animalisme bienveillant ou antispécisme égalitaire ?
Ce discours valorisant l’altérité animale circule bien au-delà des sphères ouvertement spécistes. Il est même parfois repris par des penseur·ses sincèrement engagé·es pour les autres animaux, comme la philosophe Corine Pelluchon, qui écrit dans Le Monde :
« Claude Lévi-Strauss employait cette expression que j’aime bien : l’animal est “le plus autrui de tous les autrui”. Les animaux ont une altérité radicale qui fait que, bien souvent, nous ne les comprenons pas. En cela, ils sont nos professeurs d’altérité car cette opacité souligne les limites de notre connaissance[28].»
La formule se veut généreuse, presque poétique. Mais elle reconduit ce que ce chapitre a précisément cherché à démonter : une rhétorique de l’admiration qui fige les animaux dans une extériorité fondamentale, et qui, ce faisant, maintient l’écart plutôt que de le remettre en cause. Du spécisme bienveillant certes, mais du spécisme quand même : ce n’est pas parce qu’un discours parle en bien des animaux qu’il les traite en égaux.
On voit bien là ce qui distingue animalisme et antispécisme. Le premier peut encore s’accommoder d’une différence érigée en barrière, dès lors qu’elle est respectueuse ou valorisante ; l’antispécisme, lui, a plus d’ambition que d’enjoliver l’altérité. À l’inverse, énumérer nos ressemblances ne changera pas non plus le fond du problème : ce n’est pas ça qui fera tomber la hiérarchie (cf Chapitre 30. « L’antispécisme nie les différences entre humains et animaux »). Ces efforts risqueraient même d’être gaspillés, car ces courants ne s’annulent pas : la moindre disparité pourra toujours être montée en épingle pour recreuser l’abîme (cf Chapitre 28. « Les espèces existent, contrairement aux “races” »). Ce qu’il faut, ce n’est pas célébrer la séparation, mais comprendre qu’elle travaille pour la domination. Ce n’est finalement pas tant l’altérité qu’il faut admirer, que la manière dont elle est brillamment mise au service des oppressions.
Notes et références
| ↑1 | Victor Duran-Le Peuch, Pour en finir avec les idées fausses sur l’antispécisme, L’Atelier, nov. 2025, pp. 160-169. |
|---|---|
| ↑2 | Karsten Brensing, Le Mystère des animaux : ce qu’ils pensent, ce qu’ils ressentent, Marabout, 2019. Voir aussi « Le mystère des animaux dévoilé », documentaire, AMP HD, 2022. Disponible en ligne. |
| ↑3 | Françoise Malby-Anthony, La Sagesse des éléphants, Albin Michel, 2024. |
| ↑4 | Collectif, Nos incroyables bêtes sauvages, Fleurus, 2015. |
| ↑5 | Peter Wohlleben, La Vie secrète des animaux, Les Arènes, 2018. |
| ↑6 | Dans son acception première, l’« altérité » (du latin alteritas : la différence), est la reconnaissance de l’autre dans cette dernière. |
| ↑7 | Voir Florence Burgat, Liberté et inquiétude de la vie animale, Paris, éditions Kimé, 2006, chapitre 1 : « “Animal” : un concept pour dire tout ce que l’humain ne doit pas être ». |
| ↑8 | Cécile Huchard, « Figure animale et dissidence : quelques usages de l’altérité », Les Dossiers du Grihl, n° 7, 2013. |
| ↑9 | Ibid. |
| ↑10 | « La notion même de différence est souvent construite socialement comme une notion inégalitaire : au lieu de demeurer dans l’entre-deux des deux objets dont il qualifie la relation, le mot différence est déporté vers l’un des deux termes, dont il marque ainsi la particularité, l’anormalité ou la moindre dignité. On parlera ainsi plus facilement de la différence des homosexuels que de celle des hétérosexuels. » Pierre Tévanian, La Mécanique raciste, La Découverte, 2017, p. 28. |
| ↑11 | Voir Hourya Bentouhami et Nacira Guénif-Souilamas, « Avec Colette Guillaumin : penser les rapports de sexe, race, classe. Les paradoxes de l’analogie », Cahiers du Genre, 2017, n° 63, pp. 205-219. |
| ↑12 | Victor Duran-Le Peuch, « Noyer le poisson pour mieux le manger », Revue Possibles, vol. 48, n° 1, 2024, pp. 25-32. |
| ↑13 | Nicolas Truong, « La question animale nous force à ouvrir les yeux sur ce que nous sommes devenus », Le Monde, 23 juillet 2018. |
| ↑14 | C’est souvent à partir des animaux dits « sauvages » que se construit cet imaginaire d’une altérité radicale, fascinante parce que lointaine – drapée de plumes chatoyantes ou de fourrures majestueuses. Une fois transposée aux animaux d’élevage, cette altérité perd tout éclat, mais conserve son ressort principal : la production d’étrangeté. Une fois dépouillée de son clinquant, il ne reste plus que sa fonction nue – naturaliser la hiérarchie. |
| ↑15 | Édito collectif, « Les dits-faits-rances », Questions féministes, n° 6, 1979. |
| ↑16 | Cet aphorisme, dénommé « marteau de Maslow », explique que nos outils ou perspectives limités influencent la manière dont nous percevons et abordons les problèmes. |
| ↑17 | Christine Delphy analyse le retour de ce trope dans Classer, dominer . Qui sont les autres ?, La Fabrique, 2008, pp. 17-18. |
| ↑18 | Sylvain Tesson, La Panthère des neiges, Gallimard, 2019. |
| ↑19 | Camille Brunel, Je est un animal, Ulmer, 2024, p. 78. |
| ↑20 | Ce glissement de l’admiration à l’exploitation symbolique n’est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, ce que la militante Stella Young a qualifié d’inspiration porn : une mise en scène du groupe dominé comme source d’élévation morale pour le groupe dominant, sans reconnaissance réelle de sa condition ni de son agentivité. Bien que le concept ait été forgé dans le contexte du validisme, on retrouve ici un mécanisme analogue : l’animal admiré est privé de sa réalité propre et intégré dans un récit édifiant (une feel-good story, selon les mots de Young) au service du regard humain. Voir Stella Young, « We’re not here for your inspiration », Ramp Up (Australian Broadcasting Corporation), 3 juillet 2012. |
| ↑21 | Pour toutes les citations de ce paragraphe, voir Baptiste Morizot, Sur la piste animale, Acte Sud, 2018, pp. 104-111. |
| ↑22 | « Dans toutes les cultures, voir un ours, c’est voir un homme sauvage caché sous une épaisse fourrure. Il est comme un frère enseignant aux hommes les secrets et les ressources de leurs environnements. » Rémi Marion, L’Ours. L’autre de l’homme, Actes Sud, 2018, quatrième de couverture. |
| ↑23 | Ce type de formulation est récurrent dans les productions culturelles récentes : on le retrouve notamment dans le documentaire La Sagesse de la pieuvre (My Octopus Teacher en anglais, 2020, réalisation Pippa Ehrlich et James Reed), où la pieuvre devient littéralement une « enseignante ». Cela résume tout un imaginaire : celui d’animaux détenteurs des savoirs cachés du monde naturel, capables d’inspirer à celleux qui les écoutent humilité, respect et une nouvelle sagesse sur la place de l’humain dans le vivant. |
| ↑24 | Ainsi voit-on fleurir tout un discours qui, derrière la dénonciation d’une supposée infantilisation des animaux de compagnie, conteste l’ambition de les traiter en tant que membres de nos familles. Je pense notamment à l’anthropologue Charles Stépanoff dans cet entretien à Reporterre, « Les sociétés varient selon leurs façons d’organiser leurs attachements à leur milieu », 30 septembre 2024. |
| ↑25 | Propos tirés d’une interview réalisée par le collectif Les Z’Homnivores sur leur chaîne Youtube. Cités dans Axelle Playoust-Braure, « L’élevage comme rapport d’appropriation naturalisé : le cas du publispécisme », Mémoire de Master, 2018, p. 68. |
| ↑26 | Axelle Playoust-Braure, art. cit. |
| ↑27 | « Nul besoin de hiérarchiser là où suffit la proclamation d’une radicale hétérogénéité. La différence de pouvoir matériel entraîne de fait une hiérarchie, ce qui dispense de la proclamer ou en fait une tautologie. » Colette Guillaumin, « Une société en ordre. De quelques-unes des formes de l’idéologie raciste », Sociologie et sociétés, vol. 24, n° 2, 1992, p. 15. |
| ↑28 | Nicolas Truong, art. cit. |

