OPIS, laboratoire de réflexion et d’action pour une éthique fondée sur la prévention de la souffrance Entretien avec Jonathan Leighton

Faire évoluer les législations à l’international pour que soit reconnu comme droit le plus fondamental de tout être sentient celui à ne pas subir de souffrances intenses : c’est la mission que s’est donnée OPIS, pour qui il s’agit là d’une priorité éthique absolue. Entretien avec Jonathan Leighton, son fondateur.


Axelle Playoust-Braure : OPIS (Organisation pour la prévention de la souffrance intense) a été fondée en juin 2016. Comment est né ce projet ? Quelles ont été vos principales réalisations en deux ans ?

Jonathan Leighton : Il y a plus de 10 ans, avant de devenir végétalien et avant même que le mouvement de l’altruisme efficace existe, j’ai eu l’idée de créer une organisation qui mènerait des activités de plaidoyer humanitaire en s’appuyant sur les résultats de recherches scientifiques. Après la parution de mon livre The Battle for Compassion: Ethics in an Apathetic Universe en 2011, j’ai commencé à réfléchir à la manière d’avoir un impact dans le monde grâce à ce type de projets concrets de plaidoyer. Ma participation dans l’Alliance Algosphère (réseau mondial d’individus et d’organisations dédié à l’allègement de la souffrance par la collaboration et la mobilisation politique) et mes contacts au sein de la communauté de l’altruisme efficace m’ont fourni un réseau de personnes partageant les mêmes idées, sur lequel je pouvais compter pour lancer ce nouveau projet. En 2016, le moment était opportun pour le créer.

OPIS (Organisation pour la prévention de la souffrance intense) est un laboratoire de réflexion et d’action qui œuvre à la conception et à la promotion de la société compassionnelle de demain. La vision d’OPIS est celle d’un monde où on ne permet plus la souffrance évitable des êtres sensibles, humains et non-humains. Nous sommes encore une petite organisation fonctionnant sur une base volontaire. Nous ne voulons pas simplement imiter les organisations existantes : nous avons l’objectif ambitieux de faire une différence dans le monde en promouvant le principe éthique fondamental de la non-souffrance, par une argumentation rationnelle et des campagnes créatives. Jusqu’à présent, notre activité la plus importante a été l’organisation d’un panel d’experts au Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur le thème de l’accès à la morphine en tant que droit humain. Nous avons produit un guide de plaidoyer sur cette question, qui a été traduit et utilisé par diverses organisations de soins palliatifs dans le monde. Nous avons également fait pression pour l’utilisation d’un langage plus compatissant dans un projet de résolution des Nations Unies sur le « problème mondial de la drogue » et produit un document affirmant que l’accès au soulagement de la douleur pouvait constituer une cause méritant d’être financée d’un point de vue coût-efficacité. Nous collaborons actuellement avec Hospice Burkina, une association de soins palliatifs récemment établie, afin de faire évoluer la réglementation au Burkina Faso et faciliter le soulagement de la douleur pour des milliers de patients par an. Nous espérons que ces efforts inciteront d’autres pays à prendre des mesures similaires.

Parmi les autres activités, citons des conférences, des apparitions dans les médias, des collaborations avec d’autres organisations, la création d’un guide de l’alimentation végétalienne et la promotion générale du principe selon lequel la prévention de la souffrance intense devrait être une priorité éthique.

Justement, OPIS se revendique de l’utilitarisme négatif (ou SFE, Suffering-Focused Ethics). En quoi l’utilitarisme négatif se distingue-t-il des autres positions éthiques utilitaristes ?

Tout simplement, l’utilitarisme négatif considère que seule la réduction de la souffrance est pertinente sur le plan éthique, et non la création de bonheur. L’utilitarisme classique considère au contraire que la souffrance et le bonheur peuvent être « additionnés » pour déterminer le bien-être général. Le terme utilisé par certaines personnes et organisations, éthique centrée sur la souffrance (SFE), permet d’éviter certaines connotations négatives associées à l’utilitarisme dit négatif (aussi injustifiées soient-elles) tout en maintenant cet objectif pragmatique de réduction de la souffrance.

Peux-tu nous parler de cette dissymétrie entre création de bonheur et allègement de la souffrance ? En d’autres termes, pourquoi pour la position SFE, augmentation du plaisir et réduction de la souffrance ne sont pas « deux pôles qui s’annulent » ?

Le point essentiel est que la souffrance à un endroit ne peut être annulée, compensée par le bonheur ailleurs. Le fait qu’un individu choisisse d’expérimenter volontairement des désagréments pour une future gratification personnelle est un phénomène qui se produit dans un seul cerveau exerçant son autonomie et qui est donc tout à fait différent de l’idée selon laquelle nous pourrions contrebalancer la torture d’un être vivant en créant un grand nombre de personnes heureuses ailleurs. Les états hédoniques ne sont pas des nombres abstraits que nous pouvons appréhender de façon purement mathématique. De même, la souffrance n’est pas une quantité, comme le volume ou la masse, composée d’unités distinctes pouvant être réparties au bon vouloir. Ce point est fondamental ! Et pourtant, tant de personnes à orientation rationaliste semblent penser que nous pouvons effectuer ces opérations d’addition pour en quelque sorte « annuler » la souffrance de manière significative.

Une autre distinction essentielle porte sur le caractère d’urgence : il existe une urgence inhérente au soulagement de la souffrance alors qu’il n’y a pas d’urgence à créer du bonheur là où il n’y en avait pas avant ou à rendre très heureux un être déjà content. C’est peut-être là une chose « sympathique » à faire, mais il n’y a pas d’urgence comme celle qu’exige une souffrance appelant à être soulagée. De même, il est intrinsèquement plus urgent de soulager les souffrances intenses, extrêmes et particulièrement insupportables (celles qui peuvent pousser les gens à se suicider), qui sont sans doute qualitativement différentes des souffrances moins graves. Pour le dire autrement, même un grand nombre de personnes subissant des souffrances mineures ne crée pas le niveau d’urgence d’une personne hurlant de douleur. La hiérarchisation des priorités doit donc être fondée sur l’urgence inhérente, sur les cas nécessitant un soulagement immédiat.

OPIS résume sa position éthique par la formule suivante : xNU+. Peux-tu nous expliciter sa signification ?

J’ai choisi la formule abrégée xNU+ pour saisir les facettes-clés d’un cadre éthique « holistique » et pragmatique réconciliant la rationalité et les intuitions. « U » signifie utilitarisme – mais seulement dans le sens d’essayer de maximiser l’impact, non pas en agrégeant différentes choses, telles que la souffrance et le bonheur, ou même des niveaux de souffrance très différents ; « N » signifie négatif – c’est-à-dire se concentrer sur la souffrance comme préoccupation éthique ; « x » désigne la souffrance extrême ou intense comme principale priorité, et non les souffrances superficielles ou mineures, telles que les piqûres d’épingle ou les maux de tête occasionnels. Enfin, ce qui est très important, le « + » reconnaît explicitement que les humains ont le besoin et le désir de mener une vie heureuse et pleine de sens, et donc que si nous voulons qu’ils soient efficaces en tant qu’agents éthiques du changement, un cadre éthique viable doit leur permettre de s’épanouir, doit prendre en compte certaines de leurs intuitions morales. Pour résumer, xNU+ signifie que la poursuite du bonheur ne se situe pas au même niveau éthique que la réduction de la souffrance, qu’il faut se garder de tracer une fausse équivalence éthique entre les deux, avec toutes ses conclusions absurdes, tout en reconnaissant et respectant le fait que nous sommes des êtres intuitifs tout autant que des agents rationnels.

Dans le cadre de votre campagne La morphine comme droit humain, vous pointez du doigt « une négligence historique de la souffrance au sein de nombreux systèmes médicaux ». Comment expliques-tu cette négligence ?

Plusieurs facteurs entrent en jeu. Je suppose que c’est en partie parce que la souffrance est un état interne peu accessible à l’observation, et qu’elle a été stoïquement acceptée comme faisant partie de la vie – du moins dans le passé, lorsqu’il y avait moins de traitements disponibles. La médecine moderne a tendance à être attirée par la résolution des mystères du corps humain et des maladies, par la préservation de la vie elle-même, mais pas toujours par le bien-être du patient en tant qu’être vulnérable.

En réaction à cette négligence historique, de nouveaux champs disciplinaires se mettent en place. Je pense notamment à l’algonomie et à la welfare biology. Comment définir ces disciplines et quel rôle jouent-elles dans la prévention et la réduction des souffrances intenses ?

Le terme d’algonomie a été inventé par Robert Daoust pour désigner l’étude de la souffrance en tant que discipline – un sujet très vaste, bien qu’il soit manifestement d’une grande importance. La welfare biology est un terme qui a récemment été proposé pour désigner une nouvelle discipline prenant pour objet l’étude du bien-être des animaux sauvages dans leur environnement, par opposition à l’intérêt écologique des populations animales. La « biologie du bien-être » s’intéresse directement aux souffrances intenses ressenties par les animaux sauvages, comme la faim et la soif, les intempéries, les catastrophes naturelles, les maladies, les blessures ou encore la prédation. La société néglige en grande partie ces souffrances car la nature est bien souvent perçue comme bonne, ou du moins est acceptée telle quelle. Pourtant, la souffrance des animaux nés dans la nature compte tout autant moralement que la souffrance de tout animal de compagnie ou de tout être humain. Comprendre ces souffrances et établir des programmes pour les réduire constitue un défi technique majeur (qui n’est pas nécessairement insurmontable du fait des nouvelles technologies génétiques), mais également un défi important en termes d’acceptation sociale. C’est là une autre raison de travailler à sensibiliser et à éduquer les gens à la réalité de la nature et au fait que l’éthique ne s’arrête pas à la lisière de la forêt.

OPIS qualifie la difficulté d’accéder à la morphine et autres opioïdes pour soulager les souffrances intenses de « torture par omission ». Quels sont les principaux freins empêchant les individus qui en ont besoin d’accéder à ces analgésiques, pourtant faciles et peu chers à produire ?

Un problème majeur dans les pays à revenu faible ou intermédiaire est souvent la réglementation et la législation excessivement strictes, qui rendent très difficile pour les patients qui en ont besoin d’obtenir une ordonnance et ensuite le médicament, avec parfois des obstacles kafkaïens en place. Cette situation est due au fait que la réglementation est avant tout conçue pour empêcher que les opioïdes soient détournés à des fins non médicales et contribuent à la toxicomanie et aux activités criminelles. Il existe également une peur irrationnelle de la dépendance des patients eux-mêmes. Ces facteurs, en plus de la négligence de la douleur en tant que phénomène méritant toute notre attention, ont fait que les médecins ne sont généralement pas instruits durant leur formation sur l’administration d’opioïdes. Dans la plupart des pays, il n’y a aussi tout simplement pas assez de personnel médical autorisé à prescrire ces substances. En raison de ces facteurs, la plupart de ces pays n’importent qu’une fraction des opioïdes nécessaires.

Les politiques de répression de la consommation d’opioïdes remontent à plusieurs décennies. Cette guerre internationale contre la drogue est alimentée par des conventions de l’ONU mettant l’accent sur la prévention de la toxicomanie – en traitant les personnes ayant des problèmes de dépendance comme des criminels – tout en négligeant les besoins légitimes des patients en souffrance. La réaction terriblement malavisée des États-Unis face à la crise de la surdose d’opiacés – une question tout à fait distincte qui concerne désormais principalement les drogues de la rue comme l’héroïne et le fentanyl importé illégalement – prive un nombre considérable de patients souffrant de douleurs chroniques de médicaments efficaces, causant une misère indicible, et rend sans doute les autres pays réticents à prendre des mesures positives pour améliorer leur accès. Au niveau international toutefois, il existe désormais un mouvement croissant en faveur de politiques plus empreintes de compassion, y compris à l’ONU, reconnaissant l’importance d’un plaidoyer en faveur du droit à un traitement efficace de la douleur.

Malgré cette prise de conscience grandissante, vous déplorez la persistance de « lourdeurs bureaucratiques », une irrationalité dans les prises de décision et une tendance générale au statu quo… Comment catalyser des changements structurels et législatifs au niveau national et international, pour que la reconnaissance du droit de tout individu sentient à ne pas souffrir devienne un fondement de la vie sociale ?

C’est vraiment la grande question à laquelle nous sommes tous confrontés, n’est-ce pas ? En principe, une large majorité de personnes seraient d’accord avec le droit des êtres vivants à ne pas souffrir. Même ceux qui mangent des animaux ne souhaitent pas que ces derniers souffrent. Le problème consiste à transformer ce principe général peu controversé en lois spécifiques capables d’orienter les ressources de la société vers les cas les plus urgents et de limiter la manière dont les personnes sont capables de traiter d’autres êtres sensibles. C’est à ce moment-là que l’intérêt personnel crée de la résistance. Changer les mentalités prend du temps, mais je pense qu’il est essentiel de sensibiliser à la réalité de la souffrance sous toutes ses formes, à travers divers types de campagnes. Si nous pouvons montrer aux gens qu’il est possible de soulager les souffrances des autres sans que cela ne leur en coûte, voire, comment cela peut leur être bénéfique, alors nous réduisons la résistance au changement. Moraliser ne suffit pas et cela peut même s’avérer contre-productif. Nous devons travailler avec la nature humaine et rendre le comportement éthique attractif, satisfaisant, plutôt que pénible et rebutant. Lorsque les changements visés ne sont plus perçus comme impliquant un sacrifice de soi, il devient beaucoup plus facile d’adopter la législation nécessaire.

J’aimerais que de nouveaux systèmes de prise de décision politique soient mis en place, qui ancrent explicitement la prévention de la souffrance de tous les êtres sensibles en tant que principe fondamental. Mais il ne suffit pas de vouloir changer les constitutions. Le mode de prise de décision devra fondamentalement changer pour devenir coopératif, basé non pas sur l’imposition de la volonté d’une majorité simple, mais sur la recherche de solutions qui répondent aux besoins de tous et toutes – y compris, bien sûr, de tous les êtres sans voix. Lorsque les gens auront confiance dans la capacité du système à écouter leurs propres besoins, ils deviendront plus ouverts à ceux des autres. J’espère qu’un jour nous aurons une forme de gouvernance mondiale véritablement coopérative, radicalement différente de l’ONU d’aujourd’hui et de ses accords entre régimes corrompus, où les moyens de soulager les souffrances seront discutés de manière ouverte et respectueuse et des solutions réelles mises en œuvre.

OPIS défend un processus décisionnel fondé sur la raison et sur les preuves. Vous affirmez ainsi : « Nous nous identifions au mouvement de l’altruisme efficace (Effective Altruism) en reconnaissant l’importance de quantifier et d’optimiser notre impact, tout en expérimentant des approches nouvelles et créatives aptes, selon nous, à apporter une contribution efficace ». Quel est selon toi le rôle de la rationalité dans les raisonnements et actions éthiques ?

La rationalité permet de comparer les causes et les interventions en termes de souffrances évitées par quantité de ressources dépensée. Elle fournit donc des orientations utiles. Il existe toutefois des limites théoriques : lorsqu’il s’agit de comparer différentes situations avec différentes intensités de souffrance, nous dépendons de nos intuitions pour établir nos priorités, car il n’existe pas de moyen univoque de convertir l’intensité et le nombre d’individus. Comme je l’ai mentionné, la souffrance n’est pas une quantité qui se prête à des opérations de ce genre. Il y a aussi des limites épistémiques : dans un monde extrêmement complexe avec d’innombrables interactions aléatoires et inconnues, même nos meilleures suppositions au sujet des actions les plus efficaces peuvent se révéler très fausses, biaisées. Il existe donc un risque dans le fait d’élaborer des calculs très précis mais avec des variables d’incertitude très élevée.

Je dirais qu’à OPIS nous nous donnons un peu de souplesse dans la façon dont nous établissons nos priorités d’action. Nous nous concentrons sur certaines des pires formes de souffrance, ce qui donne automatiquement du poids à l’impact que nous avons. Mais nous cherchons également des moyens d’incorporer cette priorité dans des structures de prise de décision élargies, en utilisant des moyens créatifs pour plaider notre cause. Le potentiel d’une campagne créative pour vraiment changer les choses – je pense, entre autres, à la diffusion d’un documentaire puissant combiné à une stratégie de relations publiques originale et soignée – n’est pas facilement calculable, mais si vous vous limitez uniquement aux actions présentant déjà de nombreux antécédents et dont l’impact peut être calculé avec précision, vous risquez de limiter votre champ d’action. Je pense qu’il est positif d’avoir une certaine diversité dans les organisations travaillant dans ce domaine d’activité. La répartition des approches est en soi une stratégie rationnelle.

On lit sur le site d’OPIS que « la souffrance animale constitue le domaine d’intervention qui offre de loin le plus grand potentiel pour réduire les maux et maximiser l’impact que l’on peut obtenir avec une quantité donnée de ressources ». Avez-vous des projets de campagnes portant spécifiquement sur la souffrance des animaux non humains ?

Hormis la communication sur les réseaux sociaux et la promotion du végétalisme, nous n’avons pas encore mené de campagne spécifique sur la souffrance non humaine. Nous avons toutefois l’intention de collaborer à des projets éducatifs visant à sensibiliser les enfants à la souffrance animale. Ce type de projet, s’il est déployé à grande échelle, a le potentiel d’accroître le niveau global de compassion dans la société. OPIS n’est pas centrée spécifiquement sur les humains ou les non-humains. Chaque campagne que nous menons est une opportunité de rappeler que toutes les souffrances sont importantes.

Avoir conscience de l’existence des souffrances intenses et se soucier des individus qui les subissent, c’est développer un sens de l’urgence et de l’obligation à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les réduire. Comment t’y prends-tu pour éviter le burn-out, le découragement, la culpabilité ou même le désespoir ?

C’est une chose d’assumer ses responsabilités, mais il n’y a pas de culpabilité à ressentir – nous n’avons pas choisi le monde tel qu’il est. Certains d’entre nous, quelles que soient les circonstances, sont devenus profondément conscients et sensibilisés à la réalité de la souffrance et à la nécessité d’agir. Il m’arrive encore d’avoir des moments de lucidité et d’horreur devant le degré et l’ampleur des souffrances extrêmes sur notre planète, une vérité trop terrible pour que je puisse la garder constamment à l’esprit. Je pense que tout est une question d’équilibre. Trop d’obsession et vous pouvez vous épuiser, trop peu et vous pouvez perdre ce sentiment d’urgence. Nous devons toujours nous donner la permission de nous épanouir, de vivre intuitivement, de nous connecter aux autres, de danser, d’aimer. Cela nous donne plus d’énergie, et je pense que cela nous rend également plus convaincants lorsque nous communiquons avec d’autres personnes.

Pour finir, peux-tu nous partager quelques noms d’individus ou d’organisations dont le travail t’inspire particulièrement dans ton combat pour la réduction de la souffrance intense ?

La première personne qui me vient à l’esprit est le philosophe David Pearce. C’est lorsque je travaillais sur mon premier livre, il y a 10 ans, que j’ai découvert que l’utilitarisme négatif était la philosophie éthique qui traduisait le besoin de réduire la souffrance. En me renseignant davantage, je suis tombé sur les écrits de David Pearce et en particulier sur la citation suivante : « Aucune quantité de bonheur ou d’amusement dont jouissent certains organismes ne peut en théorie justifier les horreurs indescriptibles d’Auschwitz. » David reste une source d’inspiration pour moi et d’innombrables autres pour son intellect, sa compassion et sa personnalité modeste.

J’admire beaucoup d’autres personnes, trop nombreuses pour toutes les nommer. Je suis touché par quiconque est touché par la souffrance et qui consacre sa vie à tenter de la soulager, que ce soit par l’écriture, l’activisme dans la rue, le plaidoyer politique, les enquêtes sous couverture, la désobéissance civile ou toute autre forme de campagne.

Je voudrais également te remercier, Axelle, pour cette opportunité de partager certaines de mes idées. Bon courage à nous tous !

Merci à toi !


Photo : Vignesh Moorthy
Illustrations : Iskra Karadzhova

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